Une analyse de l'Euro Fort qui me paraît intéressante
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Re: Une analyse de l'Euro Fort qui me paraît intéressante
Rappelons nous également que le pétrole est payé en dollars.
Je suis bien consciente de l'augmentation du pétrole mais parallèlement le dollar est en perte de vitesse par rapport à l'euro. Du coup ce qu'on achète en dollar nous revient un peu moins cher.
Question : pourquoi le litre de carburant est-il monté autant ?
Je ne suis pas certaine d'être dans la bonne rubrique avec ma question bête
Je suis bien consciente de l'augmentation du pétrole mais parallèlement le dollar est en perte de vitesse par rapport à l'euro. Du coup ce qu'on achète en dollar nous revient un peu moins cher.
Question : pourquoi le litre de carburant est-il monté autant ?
Je ne suis pas certaine d'être dans la bonne rubrique avec ma question bête
Re: Une analyse de l'Euro Fort qui me paraît intéressante
Merci Flèche ! Je me sens moins seule aujourd'hui !
Pourquoi le carburant augmente ? Bonne question. Il nous faudra faire pas mal d'investigations pour trouver la bonne réponse je pense
Pourquoi le carburant augmente ? Bonne question. Il nous faudra faire pas mal d'investigations pour trouver la bonne réponse je pense
Pour un vote 100% allégé
Je n'y connais rien, si ce n'est que je m'intéresse à l'économie comme une des premières préoccupations de la politique. En effet, pour un vote éclairé, il faut avoir le ventre plein, et le coeur léger.
Je prétends que c'est une des principales raisons de la misère...Le peuple soumis par la loi d'une impérieuse rareté ne peut pas participer à la vie politique.
A mon sens, et bien que probablement inspiré de nombreuses idées de droite, selon moi, cette raison seule impose de se soucier de l'efficacité économique de notre société car au bout du compte, celui qui paie le prix de l'incurie économique est celui qui ne peut la répercuter sur un autre. Tel au jeu du mistigri ou du pouilleux, le plus faible a perdu car il ne peut se défausser sur personne ...
En aucun cas, une quelconque analyse économique ne doit justifier la fatalité. En effet, la fatalité est mère de la méfiance, alors que la confiance est la condition nécessaire du progrès économique et social.
Un exemple me semble en être la monnaie: ce qui fait la valeur de l'euro, c'est la valeur du dollar. Or, les américains doutent d'eux même, de leur monnaie, et avec eux, les non américains doutent aussi. La confiance dans le dollar n'existe plus, de même que plus personne n'ose espérer que les "marines" sortiront l'Irak post Saddam d'une crise politique et sociale grave.
Tout cela est lié: la politique avec l'économie, et l'économie avec la politique. Je me souviens de mon désarroi quand j'ai su que G.BUSH avait gagné la présidentielle américaine. Je crois que ceux qui pensaient ainsi, ils étaient nombreux, ne s'étaient pas trompés.
Aujourd'hui, nous devons assumer de telles conséquences: c'est peut-être cela la mondialisation plus encore que le marché mondial. L'économie est un problème politique. Si nous ne parlons pas, ne défendons aucun argument, alors ne nous plaignons pas...
Au fond, je confirme ce que j'avais dit sur le site du Modem: "quoi qu'il arrive, nous l'aurons mérité". Cela me semble assez cohérent avec la citation que vous avez fait de Brecht.
Il ne s'agit pas de râler ou de faire de l'agitation, mais simplement de témoigner.
Cordialement
Je prétends que c'est une des principales raisons de la misère...Le peuple soumis par la loi d'une impérieuse rareté ne peut pas participer à la vie politique.
A mon sens, et bien que probablement inspiré de nombreuses idées de droite, selon moi, cette raison seule impose de se soucier de l'efficacité économique de notre société car au bout du compte, celui qui paie le prix de l'incurie économique est celui qui ne peut la répercuter sur un autre. Tel au jeu du mistigri ou du pouilleux, le plus faible a perdu car il ne peut se défausser sur personne ...
En aucun cas, une quelconque analyse économique ne doit justifier la fatalité. En effet, la fatalité est mère de la méfiance, alors que la confiance est la condition nécessaire du progrès économique et social.
Un exemple me semble en être la monnaie: ce qui fait la valeur de l'euro, c'est la valeur du dollar. Or, les américains doutent d'eux même, de leur monnaie, et avec eux, les non américains doutent aussi. La confiance dans le dollar n'existe plus, de même que plus personne n'ose espérer que les "marines" sortiront l'Irak post Saddam d'une crise politique et sociale grave.
Tout cela est lié: la politique avec l'économie, et l'économie avec la politique. Je me souviens de mon désarroi quand j'ai su que G.BUSH avait gagné la présidentielle américaine. Je crois que ceux qui pensaient ainsi, ils étaient nombreux, ne s'étaient pas trompés.
Aujourd'hui, nous devons assumer de telles conséquences: c'est peut-être cela la mondialisation plus encore que le marché mondial. L'économie est un problème politique. Si nous ne parlons pas, ne défendons aucun argument, alors ne nous plaignons pas...
Au fond, je confirme ce que j'avais dit sur le site du Modem: "quoi qu'il arrive, nous l'aurons mérité". Cela me semble assez cohérent avec la citation que vous avez fait de Brecht.
Il ne s'agit pas de râler ou de faire de l'agitation, mais simplement de témoigner.
Cordialement
Une analyse de l'Euro Fort qui me paraît intéressante
Une analyse de l'Euro Fort qui me paraît intéressante
par plumedecib le Lun 2 Juin - 11:14
Même après son petit recul récent, l'euro s'est apprécié de 20 % vis-à-vis du dollar depuis le début de l'année 2007 ; il est aujourd'hui surévalué de 30 % environ par rapport à la parité de pouvoir d'achat, c'est-à-dire par rapport au niveau qui donnerait un niveau de compétitivité normal à l'industrie européenne.
On critique souvent la Banque centrale européenne (BCE) pour cette évolution du taux de change de l'euro, mais il faut voir que des taux d'intérêt plus bas dans la zone euro ne changeraient pas grand-chose à cette évolution : l'euro s'est fortement apprécié vis-à-vis du dollar en 2006 et au premier semestre 2007 alors que les taux d'intérêt à court terme sur le dollar étaient beaucoup plus élevés que les taux d'intérêt sur l'euro (au début de 2006, 4,5 % aux Etats-Unis contre 2,25 % dans la zone euro), ce qui montre que les niveaux relatifs de taux d'intérêt ne sont pas les déterminants essentiels de la parité de l'euro.
La cause essentielle de l'appréciation de l'euro est à trouver dans les flux de capitaux qui se dirigent vers la zone euro : depuis 2002, et de manière croissante, les investisseurs non européens accroissent leurs détentions de titres (obligations, actions) en euros, avec des achats nets annuels de ces titres variant autour de 600 milliards d'euros par an. Ceci reflète la hausse du rôle de l'euro, au détriment essentiellement du dollar, comme monnaie internationale de réserve, pour les investisseurs privés comme pour les investisseurs publics : la part de l'euro dans les réserves de change des banques centrales est passée de 14 % en 2002 à 27 % au début de 2008.
Or la zone euro n'a pas besoin de ces financements extérieurs : elle n'a ni déficit commercial ni dette extérieure, c'est-à-dire qu'elle n'est pas vendeuse d'actifs au reste du monde, qu'elle n'a pas la nécessité de s'endetter auprès du reste du monde. Il y a donc une demande croissante d'actifs en euros de la part des investisseurs non européens, et pas d'offre correspondante : le rééquilibrage du marché des actifs en euros, à partir de cette situation initiale d'excès de demande, implique donc une appréciation de l'euro. L'euro fort vient donc du rôle croissant de monnaie internationale de réserve de l'euro.
La situation de la zone euro est aussi totalement opposée de celle des Etats-Unis, or le financement du déficit extérieur (autour de 750 milliards de dollars soit 481 milliards d'euros cette année) implique un recours massif à la vente d'actifs en dollars aux investisseurs non américains, c'est-à-dire l'attraction de l'épargne mondiale vers les Etats-Unis.
Lorsqu'un pays (une région) peut facilement financer un déficit extérieur en s'endettant (c'est-à-dire en vendant des actifs) auprès du reste du monde à un taux d'intérêt faible, puisque les actifs de ce pays sont recherchés, font l'objet d'une forte demande, on dit usuellement qu'il bénéficie "du privilège exorbitant de la monnaie de réserve", expression utilisée (avec jalousie de la part des Européens) pour les Etats-Unis et le dollar dans le passé.
Mais la zone euro bénéficie maintenant aussi du privilège exorbitant de la monnaie de réserve, avec le poids croissant de l'euro dans les portefeuilles internationaux. Seulement elle n'en profite pas pour financer facilement un déficit extérieur, elle subit, à cause de cette situation, une surévaluation de sa devise.
Il paraît donc normal de suggérer que la zone euro devrait utiliser le rôle international croissant de l'euro comme monnaie de réserve pour financer, en émettant sur le marché obligataire international, des projets utiles à sa croissance. Les Etats-Unis ont commis l'erreur depuis trente ans d'utiliser le rôle de monnaie de réserve du dollar pour financer des déficits publics improductifs (baisses d'impôts directs, dépenses militaires...) puis les achats de logement et la consommation des ménages. La contrepartie de leur dette extérieure est donc des dépenses de transferts publics et des dépenses des ménages, pas du capital productif ou des infrastructures.
L'Europe pourrait éviter ce piège en utilisant sa capacité nouvelle à se financer à des conditions favorables auprès du reste du monde pour réaliser des dépenses d'infrastructures publiques, de recherche et d'éducation supérieure, d'investissements dans le capital de PME innovantes. Concrètement, ce projet pourrait prendre la forme d'un programme spécial d'émissions d'obligations en euros de la Banque européenne d'investissements destinées aux non-résidents, calibré en fonction de l'excès de demande d'euros vu plus haut, c'est-à-dire de la hausse observée de la part de l'euro dans les portefeuilles obligataires des investisseurs non européens (c'est-à-dire 300 à 500 milliards d'euros par an en ce moment), et dont le produit serait affecté uniquement à des projets stimulant la croissance à long terme et sélectionnés au niveau européen, afin d'éviter la dérive vers le financement de transferts publics, de dépenses courantes.
L'existence de ce programme réduirait les handicaps de la zone euro (il reste bien sûr à traiter la difficulté du champ : union européenne ou zone euro puisque ce sont les actifs en euros qui font l'objet d'une forte demande) dans les domaines cités plus haut (recherche et développement, enseignement supérieur, espace, transports rapides ou économies en énergie, absence de croissance des PME...) et, faisant apparaître une offre de titres en euros en face de la demande pour ces titres, éviterait l'appréciation tendancielle de l'euro.
Evidemment, cette proposition se heurte au caractère simpliste des règles budgétaires de la zone : la limite de 3 % du PIB pour le déficit public du pacte de stabilité ne prend en compte ni la capacité de financement plus ou moins grande de ce déficit, ni la nature des investissements publics qu'une hausse des émissions publiques en euros permettrait de réaliser, ni bien sûr les effets sur le taux de change.
Patrick Artus est membre du Conseil d'analyse économique, directeur de recherche d'Ixis
par plumedecib le Lun 2 Juin - 11:14
Même après son petit recul récent, l'euro s'est apprécié de 20 % vis-à-vis du dollar depuis le début de l'année 2007 ; il est aujourd'hui surévalué de 30 % environ par rapport à la parité de pouvoir d'achat, c'est-à-dire par rapport au niveau qui donnerait un niveau de compétitivité normal à l'industrie européenne.
On critique souvent la Banque centrale européenne (BCE) pour cette évolution du taux de change de l'euro, mais il faut voir que des taux d'intérêt plus bas dans la zone euro ne changeraient pas grand-chose à cette évolution : l'euro s'est fortement apprécié vis-à-vis du dollar en 2006 et au premier semestre 2007 alors que les taux d'intérêt à court terme sur le dollar étaient beaucoup plus élevés que les taux d'intérêt sur l'euro (au début de 2006, 4,5 % aux Etats-Unis contre 2,25 % dans la zone euro), ce qui montre que les niveaux relatifs de taux d'intérêt ne sont pas les déterminants essentiels de la parité de l'euro.
La cause essentielle de l'appréciation de l'euro est à trouver dans les flux de capitaux qui se dirigent vers la zone euro : depuis 2002, et de manière croissante, les investisseurs non européens accroissent leurs détentions de titres (obligations, actions) en euros, avec des achats nets annuels de ces titres variant autour de 600 milliards d'euros par an. Ceci reflète la hausse du rôle de l'euro, au détriment essentiellement du dollar, comme monnaie internationale de réserve, pour les investisseurs privés comme pour les investisseurs publics : la part de l'euro dans les réserves de change des banques centrales est passée de 14 % en 2002 à 27 % au début de 2008.
Or la zone euro n'a pas besoin de ces financements extérieurs : elle n'a ni déficit commercial ni dette extérieure, c'est-à-dire qu'elle n'est pas vendeuse d'actifs au reste du monde, qu'elle n'a pas la nécessité de s'endetter auprès du reste du monde. Il y a donc une demande croissante d'actifs en euros de la part des investisseurs non européens, et pas d'offre correspondante : le rééquilibrage du marché des actifs en euros, à partir de cette situation initiale d'excès de demande, implique donc une appréciation de l'euro. L'euro fort vient donc du rôle croissant de monnaie internationale de réserve de l'euro.
La situation de la zone euro est aussi totalement opposée de celle des Etats-Unis, or le financement du déficit extérieur (autour de 750 milliards de dollars soit 481 milliards d'euros cette année) implique un recours massif à la vente d'actifs en dollars aux investisseurs non américains, c'est-à-dire l'attraction de l'épargne mondiale vers les Etats-Unis.
Lorsqu'un pays (une région) peut facilement financer un déficit extérieur en s'endettant (c'est-à-dire en vendant des actifs) auprès du reste du monde à un taux d'intérêt faible, puisque les actifs de ce pays sont recherchés, font l'objet d'une forte demande, on dit usuellement qu'il bénéficie "du privilège exorbitant de la monnaie de réserve", expression utilisée (avec jalousie de la part des Européens) pour les Etats-Unis et le dollar dans le passé.
Mais la zone euro bénéficie maintenant aussi du privilège exorbitant de la monnaie de réserve, avec le poids croissant de l'euro dans les portefeuilles internationaux. Seulement elle n'en profite pas pour financer facilement un déficit extérieur, elle subit, à cause de cette situation, une surévaluation de sa devise.
Il paraît donc normal de suggérer que la zone euro devrait utiliser le rôle international croissant de l'euro comme monnaie de réserve pour financer, en émettant sur le marché obligataire international, des projets utiles à sa croissance. Les Etats-Unis ont commis l'erreur depuis trente ans d'utiliser le rôle de monnaie de réserve du dollar pour financer des déficits publics improductifs (baisses d'impôts directs, dépenses militaires...) puis les achats de logement et la consommation des ménages. La contrepartie de leur dette extérieure est donc des dépenses de transferts publics et des dépenses des ménages, pas du capital productif ou des infrastructures.
L'Europe pourrait éviter ce piège en utilisant sa capacité nouvelle à se financer à des conditions favorables auprès du reste du monde pour réaliser des dépenses d'infrastructures publiques, de recherche et d'éducation supérieure, d'investissements dans le capital de PME innovantes. Concrètement, ce projet pourrait prendre la forme d'un programme spécial d'émissions d'obligations en euros de la Banque européenne d'investissements destinées aux non-résidents, calibré en fonction de l'excès de demande d'euros vu plus haut, c'est-à-dire de la hausse observée de la part de l'euro dans les portefeuilles obligataires des investisseurs non européens (c'est-à-dire 300 à 500 milliards d'euros par an en ce moment), et dont le produit serait affecté uniquement à des projets stimulant la croissance à long terme et sélectionnés au niveau européen, afin d'éviter la dérive vers le financement de transferts publics, de dépenses courantes.
L'existence de ce programme réduirait les handicaps de la zone euro (il reste bien sûr à traiter la difficulté du champ : union européenne ou zone euro puisque ce sont les actifs en euros qui font l'objet d'une forte demande) dans les domaines cités plus haut (recherche et développement, enseignement supérieur, espace, transports rapides ou économies en énergie, absence de croissance des PME...) et, faisant apparaître une offre de titres en euros en face de la demande pour ces titres, éviterait l'appréciation tendancielle de l'euro.
Evidemment, cette proposition se heurte au caractère simpliste des règles budgétaires de la zone : la limite de 3 % du PIB pour le déficit public du pacte de stabilité ne prend en compte ni la capacité de financement plus ou moins grande de ce déficit, ni la nature des investissements publics qu'une hausse des émissions publiques en euros permettrait de réaliser, ni bien sûr les effets sur le taux de change.
Patrick Artus est membre du Conseil d'analyse économique, directeur de recherche d'Ixis
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